UN PEU D’HISTOIRE

SALLEBOEUF est mentionné dans diverses archives départementales depuis 1274.
La commune comptait quatre forteresses ou " Mottes Féodales ", bien antérieures à l'occupation anglaise : ce sont les châteaux de "RETORET", des "MANDINS", des "MOUSSES" et "de la TOUR".

Les trois premiers n'ont pas eu de construction en pierre. Le quatrième était un château du XIe siècle, situé sur un des points culminants de la commune, au Nord-Est du bourg actuel.
Ce château a été abattu puis reconstruit en 1313. Il fut, au Moyen Age, le manoir des Seigneurs de SALLEBOEUF. En 1336, il appartenait à la famille des CUMONT, puis fut ruiné de fond en combles. Devenu inhabitable, il fut délaissé par ses propriétaires. On y a souvent, depuis, déterré des débris d'armes, de cuirasses et, notamment, un chandelier du XIIIe siècle aux armes des Chevaliers de l'Ordre de Malte.

Un autre château, celui de la SALLE, beaucoup plus modeste, s'élevait alors sur un éperon rocheux au nord du village actuel. Ce manoir était la propriété d'un sire BUOVO, mais n'avait vraiment rien d'une forteresse C'était plutôt une belle maison de campagne. Néanmoins, son influence fut importante pour le village, puisque le nom du propriétaire, associé au nom du lieu, devint SALABOVE, puis SALLEBOEUF.
SALLEBOEUF a été le fief de plusieurs seigneurs, mais un seul en porta le nom (fin du XIIIe siècle) : Bertrand de SALABOVE.

Au début du XIVe siècle, une subvention accordée par Bertrand de Goth, Archevêque de Bordeaux, permit de construire la première église de Salleboeuf, qui devint alors une paroisse. En 1635, cette église s'appelait "Saint-Ciers et Sainte-Jilite", ou "Saint-Cyr et Sainte Juliette".
Vers 1860, son état de vétusté lui valut d'être remplacée par le bâtiment que nous connaissons aujourd'hui, érigé à la gloire de "Sainte-Marie" par l'architecte ALLAUX, en 1866. On peut y admirer aujourd'hui les lustres offerts par Gustave Eiffel à l'occasion du mariage de son fils Edouard Eiffel.
Les vestiges de l'ancienne église sont encore visibles à l'Ouest de la place Carnot. Une chapelle récupérée lors de la démolition de l'église "Saint-Cyr et Sainte Juliette" à été réimplanté dans l'église actuelle.
Au carrefour du D. 13 et du D. 241, une statue de Notre-Dame de Patène est élevée pour que les routiers et voyageurs lui rendent hommage en échange de sa protection.

Consultez
le site de la Société Archéologique et Historique du canton de Créon

 

LE CHÂTEAU VACQUEY

Situé sur un point culminant du département, il est une ancienne demeure de Gustave Eiffel. Le "Magicien du Fer", y a séjourné plusieurs années au moment de la construction des ponts métalliques de Bordeaux et de Saint-André de Cubzac.
Le château Vacquey est un édifice moderne, construit à peu de distance de l’ancienne maison noble de Vacquey, dont on retrouve des traces dans l’histoire depuis le XVe siècle
En 1788, l’architecte Victor Louis fournit à Monsieur Dutemple, directeur de la monnaie de Bordeaux, les plans de l’édifice établis par l’architecte A.Roche. Le Château Vacquey fut modifié au XIXe siècle par Gustave Eiffel. Ce dernier y ajouta un étage supplémentaire sur la partie centrale du logis, sur élevé d’un belvédère où il y installa son bureau de dessin. Il arrivait de Paris avec sa famille et son chauffeur et séjournait régulièrement à SALLEBOEUF. Ensuite, il confia la gestion de la propriété, de 200 hectares, à son fils Edouard.
Depuis, vers 1975, la propriété est transformée en maison de retraite accueillante.
Le décor de façade, simple, mais très raffiné, est tout à fait dans le goût de Victor LOUIS. Les bâtiments occupent trois côtés d’une cour formant terrasse, le quatrième côté restant ouvert vers le sud et le village pour permettre une vue magnifique sur la campagne vallonnée et verdoyante.
Les deux longues ailes est et ouest, terminées par des pavillons, abritaient à l’origine des communs et une chapelle. Vers le corps de bâtiment, elles sont précédées de portiques rustiques dont les colonnes de pierre soutiennent un toit en appentis.
Le corps principal qui, primitivement, était un rez-de-chaussée, est une bâtisse très allongée, coupée du côté nord vers le parc, par une rotonde. Le décor de façade, simple, mais très raffiné, est tout à fait dans le style de Victor LOUIS.
A l'intérieur, la pièce la plus intéressante est le salon en rotonde. Dans la partie centrale se situe une cheminée qui à la particularité d'être surhaussée d'une grande baie vitrée.
La maison est ouverte à tous et la visite est autorisée. Un simple appel téléphonique vous permettra de profiter d’une visite guidée.

Tel : 05 56 72 91 45

 Consultez aussi : http://www.bnsa.patrimoines.aquitaine.fr

MOULIN de BON ANGE

Le moulin de Bon Ange est le second moulin de La Laurence, cours d’eau qui prend sa source à Fargues Saint-Hilaire et se jette dans la Dordogne, à Saint-Loubès.
Connu dès le XVIe siècle, ce moulin était le principal moulin des seigneurs de la Romaningue et de Larsan.
Situé sur le lit naturel du cours d’eau, le moulin était précédé, à 75 mètres, d’un seuil destiné à dériver le trop-plein en cas de crues.
Destiné à la production de farines, il était équipé, en 1848, d’une roue verticale entraînant une paire de meules.
Au début du XXe siècle, il cessa de fonctionner. Il fut alors transformé en bâtiment agricole et en fromagerie.


LE CHATEAU DE LA SALLE

 La première mention supposant un édifice dénommé « La Salle » date de 1513. Elle appartenait alors à Jean de Domengieux, riche bourgeois et administrateur des revenus de la comptable de Bordeaux. Son épouse, Trenquine Vacquey était parente à Jean de Vacquey, seigneur de Salleboeuf, héritier des anciennes possessions de la famille de la Mota de Roquetaillade, au XIVe siècle. Cette maison noble, établie sur un promontoire, semble être devenue le siège de l’ancien fief de la Tour, au milieu du XVe siècle.
En 1513, Jean de Domengieux transmit le bien à son fils Perrin sous réserve qu’il verse, pour le repos de son âme, 1000 livres destinées aux messes et vêpres en l’église Saint-Pierre de Bordeaux. Cette disposition permit le rattachement de ce bien au fief de la Tour que tint, au XVIe siècle et jusqu’en 1632, la famille de Vacquey. A cette date, Françoise de Loupes, fille de Magdeleine de Vacquey, épousa Pierre Leclerc, écuyer. En 1715, Eléonore Catherine Leclerc se maria à Bertrand Dupérier, sieur de Milon, branche cadette des Dupérier de Larsan. Par cette alliance, les Dupérier devenaient seigneurs de Salleboeuf.
A la fin du XVIIIe siècle, la demeure seigneuriale fut transformée en maison de maître à la tête d’une vaste exploitation domaniale agricole. En 1770, le bâtiment, siège du fief appelé « la Tour et Salle de Salleboeuf », était formé d’un corps de logis établi sur un plan rectangulaire. Vendu en 1770 à Jean Rocaute de Bussac, celui-ci le vendit an 1803 à Pierre Caperre qui donnera son nom au moulin situé en contrebas du domaine.


LA MOTTE DE LA TOUR

 

Au Moyen-Age, la paroisse de Salleboeuf comptait cinq mottes féodales destinées à assurer la protection de la région. Rarement des communes possèdent autant de mottes féodales.
Datant vraisemblablement des Xe – XIe siècles, ces monticules artificiels, entourés de palissades en bois et d’un fossé, servaient de refuge au seigneur qui les possédait et à la population.
A la motte de La Tour fut associé un castrum, enceinte quadrilatère en pierre entourée de fossés, mentionné pour la première fois à la fin du XIe siècle. A l’ouest, une porte monumentale, protégée par une barbacane semi-circulaire, rappelle étrangement le château de Bisqueytan (Saint-Quentin de Baron). En 1313, le castrum est abattu, puis reconstruit. En 1336, le seigneur de Cumont, aidé du sénéchal de Périgord, incendia le château afin d’y chasser l’ennemi.
Alors que le Bordelais était aux mains des Anglais depuis 1154, le duc d’Anjou, à la tête d’une armée française, secondé par le connétable de France, Bertrand du Guesclin, reprit et démantela les châteaux de l’Entre-deux-Mers en 1377 : les seigneurs de Salabova se construisirent alors une nouvelle demeure, à hauteur de l’actuel château Pey La Tour.


LES EGLISES DE SALLEBOEUF

  

La place de Salleboeuf (place Carnot) est l’un des hauts-lieux de l’histoire du village. Déjà occupé à l’époque gallo-romaine, le site présente encore les derniers vestiges de l’ancienne église romane de la paroisse.
En 2001, des fouilles archéologiques ont mis au jour une nécropole (ensemble de sépultures regroupées en un même lieu) des VIIe – VIIIe siècles. Le relevé des neufs sarcophages (coffres bâtis en sarcophages monolithes) a permis de mieux connaître l’emprise et l’organisation de cet espace funéraire.

L’église romane (Saint Cyr ou Sainte Julitte) a été construite au XIe ou au XIIe siècle, à même la nécropole dont on ne sait si elle était accompagnée d’un édifice religieux, détruit à l’occasion de la construction de l’église.

L’église a été construite par étapes. De style roman, elle se composait de deux nefs asymétriques inégales en longueur et en largeur. Il ne restait de l’époque romane qu’une partie du mur Sud et celui de la façade Ouest de la nef principale.
C’était un petit appareil cubique semblable à ceux qu’érigeaient les romains. Un siècle et demi après la première construction, donc au XIIIe, on bâtit un clocher, une tour longue, au-dessus du chœur et au Nord, un bas coté d’au moins deux travées.
Son agrandissement est dû à l’archevêque de Bordeaux, Bertrand de Goth, né à Villandraut, mort à Roquemaure le 20 avril 1314 et inhumé à Uzeste (Gironde).

Visualisez le panorama de l'église.

Les relevés stratigraphiques ont aussi montré que les inhumations ont toujours eu lieu au même endroit. Le dessin de l’église de SALLEBOEUF qu’a réalisé le marquis de Castelnau montre du reste au premier plan les monticules de sépultures surmontées d’une croix.
Au début du XIVe siècle, sous l’impulsion de Bertrand de Goth devenu le pape Clément V et son aide, on avait reconstruit le chœur de la nef principale, puis, au XVe siècle, le sanctuaire et les deux travées orientales des bas cotés. Le porche et la sacristie dataient du XVIIe siècle.

Vers 1860, son état de vétusté lui valut d’être remplacée par le bâtiment que nous connaissons aujourd’hui, de style gothique, érigé à la gloire de « Sainte Marie », par l’architecte bordelais Gustave Allaux en 1866.

C’est une des rares églises construites en une orientation Nord-Sud car, en principe, elle devrait être orientée comme la plupart des autres églises, Est-Ouest.
Sainte Marie de Salleboeuf conserve entre autres une chapelle récupérée lors de la démolition de Saint Cyr et Sainte Jullite, chapelle située dans le transept droit et reconnaissable au médaillon en clé de voûte portant ce sigle, et de nombreux dons de salleboeuvois, des vitraux, les magnifiques lustres* en cristal offerts par Gustave Eiffel, des peintures, des tableaux et plusieurs souvenirs qui témoignent de l’attachement des gens du village à leur foi et à leur église.
* Deux grands lustres anciens servent à compléter l’éclairage naturel de la nef, tandis que deux exemplaires plus petits jouent le même rôle dans le chœur. Ce sont des lustres à cristaux dont les diverses formes de pendeloques sont fixées sur des supports en bronze doré. Des flammes, ampoules de forme allongée, surmontent de fausses bougies et constituent l’élément électrique de l’ensemble. Les lustres furent offerts par Gustave Eiffel à l'occasion des mariages de ses petites-filles, Henriette et Marguerite Eiffel, mariages qui ont eu lieu la même année, en juillet et en septembre. (Source : Joelle Colignon et Françoise Coupery). 

 

CHATEAU PEY LA TOUR

Le château de la Tour est situé sur un des points culminants de la commune de Salleboeuf. Propriété des seigneurs de Salleboeuf au Moyen âge, le château de La Tour appartenait, à la fin du XIIIe siècle, à Bertrand de Got, archevêque de Bordeaux, amateur de grands vins, devenu pape sous le nom de Clément V.
Des fouilles pratiquées sur les ruines encore présentes permirent de retrouver des vestiges d’armes et d’harnachements d’origine anglaise du XIVe siècle, témoignages d’une des époques les plus dramatiques de l’histoire de cette région.
La culture de la vigne remonte au moins au XVIIIe siècle.
Le château de La Tour, devenu château PEY LA TOUR est acquis par la Maison DOURTHE C.V.B.G. en 1990. 
 

LE DOMAINE DE MILON

La propriété de MILON, constituée d’une centaine d’hectares, est limitée à l’Est par la route D.13, du bourg de Sallebœuf à Beychac et Caillau, au Sud par le chemin du Roupic allant à Pompignac. Au Nord elle dépassait largement le chemin de Perriche sur la commune de Beychac, et à l’Ouest par la propriété “de Larsan”.
Au XVIIe, Germain DUPERIER, seigneur de LARSAN, habitant la paroisse de Beychac, achète à Raymond LUCREAU, escuyer, seigneur du POURTAU, une métairie située dans les paroisses de Sallebœuf, Beychac et Saint-Sulpice. Il s’agit de la métairie de MILON.
En Juin 1646, il achète une “chambre de maison” dans le village de MILON, chambre chargée d’une rente envers le Seigneur de la maison noble de LA TOUR et SALLE de SALLEBŒUF.
Le 10 Octobre 1715, Bertrand DUPERIER, écuyer, seigneur de MILON, épouse Eléonore Catherine LECLERC, fille de Pierre LECLERC, écuyer, seigneur de LA SALLE et TOUR de SALLEBŒUF, et de Catherine BOMART.
Le 1er Juillet 1748, Jean DUPERIER, seigneur de LA TOUR et SALLE de SALLEBŒUF et sa sœur, Catherine, partagent les successions de leurs père et mère. Jean DUPERIER garde la maison noble de LA TOUR et SALLE de SALLEBŒUF, et abandonne à sa sœur la maison de maître de MILON, avec la métairie qui y est jointe, un moulin à vent, ainsi que deux ou trois créances.
Plus tard, la propriété fut léguée en héritage à divers successeurs, puis vendue à Monsieur Louis PROM (1836). Aujourd’hui, Madame de la Butterie est la propriétaire de Château MILON.
La métairie de Milon fut achetée par Monsieur BUHAN-PROM en 1867 et léguée à Georges de BUHAN en 1869 et à plusieurs héritiers des familles TEISSEIRE et DENOIX DE SAINT MARC en 1917.
Enfin, le 30 Novembre 1918, la métairie de Milon fut acquise par Jean FAYAUT, alors charretier, employé par la famille de VACQUEY, qui devint métayer à son compte et légua le tout à ses enfants Jérôme, André et Marie-Madeleine.
C’est actuellement Chantal DEDIEU, fille d’André FAYAUT, qui gère l’exploitation viticole.

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